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2 juillet 2012 1 02 /07 /juillet /2012 19:53

 

 

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Introduction de Chantal Dupille

Le devoir de résister à la Pensée Unique

 

 

Lorsque j'annonce que je suis souverainiste de Gauche, qu'est-ce que cela veut dire exactement ?

 

Pendant quelques années, j'ai habité rue de l'Abbé Groult, à Paris (15e). Dans ma rue, il y avait une association, Citoyens du Monde, et ce nom m'était agréable alors que jeune, j'avais été impressionnée par le film "Si tous les gars du monde" (coopéraient au lieu de se tirer dessus..). Plus tard, j'ai eu l'occasion d'interviewer pour FR3 des militants de la Foi Baha'i, et j'aimais leurs idées progressistes et surtout leur credo : "La terre n'est qu'un seul pays, nous en sommes tous les citoyens". Je pensais déjà en termes universels, je rêvais même d'un Gouvernement mondial de Sages comme l'agronome Michel Dumont (Vert), Roni Brauman (Humaniste très engagé pour la justice et pour la paix), l'Abbé Pierre, etc, etc.

 

Puis vint la mondialisation... libérale, proposée comme horizon incontournable, et donc mon idéal d'universalité était désormais perverti, noyé dans la course au profit, à la compétition, à l'égoïsme... C'était intolérable. Puis j'ai pris conscience de la transformation du libéralisme planétaire en projet pour le monde, avec le Nouvel Ordre Mondial pour lequel des hommes comme DSK, Sarkozy, Attali... militent ardemment. C'était la négation de mes idéaux de coopération, de partage, de fraternité...

 

Je suis donc devenue, par nécessité, une adversaire résolue de cette Nouvelle Gouvernance Mondiale d'essence anglo-saxonnne et israélienne (Néoconservateurs Protestants et Sionistes-Talmudistes). A défaut de pouvoir vivre mon idéal universel de libération des peuples, de paix, de justice, face à l'imposition progressive des valeurs anglo-saxonnes partout, synonymes d'individualisme, d'égoïsme, de rivalité, de culte de l'Argent et de la réussite, etc, je me suis attachée à défendre l'indépendance de la France, sa souveraineté, pour protéger notre pays de cette monstrueuse Pensée Unique, de ce rouleau compresseur gommant tout au profit d'une culture unique, brutale, agressive... Et par ex, j'ai commencé à m'intéresser à la défense de la Langue française, à la Francophonie, à la mise en valeur de nos traditions, notamment rurales ou respectueuses des Droits de l'Individu.

 

A 30 ans, jeune maman de deux enfants, j'ai mis en place une "mini-school" d'anglais pour permettre aux plus petits de rapidement se familiariser avec une autre langue, et aujourd'hui, je regrette cet engagement car il nous conduit progressivement à renoncer à notre Langue, puis à notre culture et à nos valeurs, au profit de tout ce qui est anglo-saxon, au point de reléguer un jour notre idiome au rang de simple patois !

 

Et c'est ainsi que je suis devenue souverainiste, non par vocation alors que justement je rêvais d'un monde fraternel sans frontières, mais pour défendre la différence, le pluralisme... et finalement, le pays où je suis née, non pas par chauvinisme, mais parce qu'il représente des spécificités attachantes, une source positive d'inspiration pour le monde avec par exemple sa Révolution française, ses Droits de l'Homme, sa laïcité, son bon goût, le raffinement de sa culture, ses grandes figures comme le Gl de Gaulle, Jaurès, La Fontaine, Rousseau, etc.

 

Et c'est encore notre pays qui, pendant la guerre d'Irak, s'est opposé à la Pensée Unique en proposant à l'ONU à travers le brillant D. de Villepin, la mise en valeur des idéaux éternels de Liberté, de Paix, de Justice, de Droits de l'individu, etc.. Le discours fut, chose exceptionnelle, applaudi à l'ONU, et il porta très haut notre pays, devenant alors lumière et espérance pour le monde. Tout fut aussitôt fait par les Anglo-Saxons et par leurs amis israéliens pour éteindre cette voix différente, pour tuer politiquement le poulain de Jacques Chirac (D. de Villepin), pour dompter notre pays frondeur et gaullien en envoyant un agent apatride des Puissances de l'Argent, Nicolas Sarkozy. Les Médias ont été verrouillés, le Quai d'Orsay a été nettoyé de ses éléments gaulliens, les postes-clefs ont été confiés à des hommes sûrs : Sarkozy, Copé, Jacob, Delanoë, Huchon, DSK puis Hollande et bientôt Valls, Fabius, Moscovici, etc etc... Nous ne sommes plus un pays libre, mais occupé ! Pour nous en persuader, nous pouvons écouter les vidéos du conférencier François Asselineau, notamment "Qui gouverne réellement la France ?". Des pans entiers de notre pays, d'ailleurs, sont bradés à l'Etranger, notre patrimoine, nos réserves d'or, etc, tout y passe progressivement, et même nos soldats doivent désormais se former... en Anglais ! C'est insupportable...§

 

Tout cela a renforcé mon souverainisme non naturel, mais de circonstance. De surcroît, l'Europe de Bruxelles s'évertue à liquider la souveraineté des nations, leur indépendance, pour les asservir au dogme unique du Marché orchestré par les technocrates au seul service des gangsters des grandes banques... C'est absolument intolérable ! N'importe quel "Citoyen du monde" est contraint de s'adapter à ce nouveau monde en muant son internationalisme en défense des particularités de son pays. C'est un devoir de résistance !

 

Et finalement, ce sont les Nations qui ont permis l'émancipation des individus, elles garantissent l'expression de la diversité, et elles ne doivent en aucun cas se soumettre au moule unique imposé bien peu démocratiquement par la City, Wall-Street, Bruxelles, Francfort..

 

En ce qui concerne la France, l'Article III de la déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 établit la souveraineté du peuple français, il est utile de le rappeler. Et l'Article II prévoit le droit de résister à l'oppression... 

 

Quant à nous Français, nous devons impérativement protéger nos valeurs, nos traditions, nos particularités... de la mondialisation rouleau compresseur, nous devons résister à la main-mise politique et culturelle des néoconservateurs anglo-saxons ou israéliens sur la planète. Aujourd'hui, on tente de propager, via les Médias collabos, un nouveau patriotisme, "fédérant les citoyens d'Europe" ... pour ensuite mieux les fédérer dans le magma mondialiste dessiné par l'Oligarchie financière tuant Nations, Religions historiques, Cultures, idiomes, particularismes, etc.

 

Alors, faute de mieux, par nécessité, disons oui au nationalisme ouvert, fraternel, solidaire (notamment des autres nations en quête d'émancipation).. face à la pieuvre mondialiste étouffante.

 

Par contre, à mon avis une mondialisation doit être défendue, c'est celle... des luttes contre la dictature planétaire en gestation ! § 2 Nous devons absolument garder la maîtrise de notre destin...

 

Chantal Dupille

 

http://chantaldupille.over-blog.com

 

§ The French Army informs you….............  ..

 

§ 2 : Voir ici mon post "A la mondialisation financière doit succéder la mondialisation des luttes" : A la mondialisation financière doit succéder la mondialisation des luttes (eva)

 

..

 

 

Pour alimenter la réflexion :

 

Quelques remarques sur le nationalisme français, par Jean Bricmont

 

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S’il y a un préjugé fort répandu dans l’extrême-gauche française, ainsi que chez de nombreux étrangers, c’est que les Français sont très nationalistes. Un incident récent permet néanmoins de s’interroger sur la nature de ce "nationalisme".

Un article du magazine Rolling Stone (*) rapporte des propos non démentis du général américain Stanley McChrystal, au moment où il dirigeait encore les forces de l’Otan en Afghanistan. En visite à Paris, McChrystal déclare à son entourage qu’il préfère « se faire botter le cul par une salle remplie de gens que d’aller à ce dîner ». Après qu’il soit parti, le journaliste demande à un de ses assistants avec qui le général va dîner. Réponse : « Un ministre français - c’est un foutu truc de pédés » ("It’s fucking gay", en anglais).

Suite à cet article, McChrystal a été démis de ses fonctions par Obama. Mais bien entendu pas pour ses propos peu élégants sur ses alliés français, mais pour d’autres remarques désobligeantes visant de hauts responsables américains, y compris le vice président américain Joe Biden.

À ma connaissance, ces propos n’ont suscité aucune réaction en France – ni protestation officielle, ni scandale médiatique. Or, vu l’impact exceptionnel de cet article aux Etats-Unis (le remplacement de McChrystal par Petraeus comme commandant en chef de la guerre en Afghanistan), il est difficile de croire que les journalistes et les services diplomatiques français n’en n’aient pas eu connaissance.

Que dit Libération, si prompt à traquer l’homophobie quand elle émane de « beaufs français », de « cathos tradis », ou de musulmans ? Rien. On ne va quand même pas attaquer le grand frère américain et la patrie du capitalisme.

Résumons : des soldats français se battent et parfois meurent en Afghanistan, en réponse aux appels insistants des Etats-Unis, et sous le commandement d’un général américain qui préfère « se faire botter le cul » plutôt que d’aller dîner avec un ministre français. Et cela ne suscite pas un murmure de protestation de la part des autorités politiques, des journalistes ou des excités de « l’identité nationale ».


Où est passé la fierté nationale française ?


En réalité, le nationalisme français a eu, depuis 1789, une nature duale. A cause de sa radicalité, à la fois antireligieuse, antiféodale et égalitariste, la Révolution française a souvent joué un rôle symbolique par opposition aux autres « révolutions bourgeoises », anglaise ou américaine. Au moins jusqu’en 1917, ce sont les idéaux de cette révolution qui servirent de référence à presque tous les contestataires de l’ordre établi et, dans beaucoup d’endroits hors de France, elle fut l’emblème de l’opposition aux oppressions religieuses et féodales et même, parfois, coloniales.

A cause précisément de cela, les réactionnaires et les cléricaux du monde entier ont vu la France de la révolution comme la bête à abattre, au moins symboliquement. Et, en France même, la version de droite du nationalisme s’est appuyé sur tout ce qui, dans l’histoire de France, faisait penser à autre chose qu’à la révolution de 1789 : la longue histoire de la monarchie, les deux Napoléon, l’empire colonial, la fille ainée de l’Eglise, etc. Du point de vue de ce nationalisme, il fallait que la France se repentisse de son exception historique révolutionnaire et devienne une nation « comme les autres », certains de ces « nationalistes » prenant modèle sur l’Allemagne, d’autres sur l’Angleterre, et aujourd’hui, presque tous sur les Etats-Unis. Le Sacré Coeur de Montmartre voulait expier les pêchés de la Commune. Le pétainisme était un régime de repentance – pour les « folies » du Front populaire, et trouvait son inspiration dans les régimes fascistes qui dominaient, avant 1940, presque toute l’Europe, sauf la France.

Bien entendu, tous les nationalismes ont quelque chose de mythique et d’intellectuellement indéfendable - pourquoi être fier d’être né ici et pas ailleurs ? Mais pas plus que les religions, qui sont souvent encore plus irrationnelles. En gros, il y a deux sortes d’instincts qui poussent l’être humain vers l’irrationnel : l’un est l’invention de causes imaginaires (qui engendre religions et superstitions), l’autre le sentiment d’appartenance à un groupe (qui engendre le nationalisme). Les deux sentiments se combinant pour le pire dans les « identités religieuses ».

Mais alors que presque toute la gauche applaudit au rôle progressiste de la théologie de la libération et pour certains, de la résistance islamique (Hamas ou Hezbollah), presque personne ne veut admettre qu’il pourrait y avoir un aspect objectivement progressiste dans une certaine version du nationalisme français, celle qui était présente dans la Commune de Paris, le front populaire et la résistance. Un nationalisme, qui contrairement à sa version de droite, insiste sur la tradition issue de la Révolution, sur la singularité française et sur son indépendance. Un nationalisme qui, étant politique plutôt qu’ethnico-racial, ne s’oppose pas à un véritable internationalisme : il y avait plus d’opposition (même si on peut la juger insuffisante) aux guerres d’Indochine et d’Algérie dans le PCF de l’époque (qui était porteur de ce nationalisme progressiste) que d’opposition, dans toute la gauche actuelle, à la guerre en Afghanistan ou à l’alignement français sur l’état d’Israël. Une ironie de l’histoire veut que la gauche actuellement dominante soit issue idéologiquement de la “nouvelle gauche” des années 60, laquelle est née de la critique du PCF et, en particulier, de la mollesse de son opposition aux guerres impériales.

Mais ce nationalisme progressiste a aujourd’hui quasiment disparu, de même que le PCF, qui d’ailleurs se garderait bien aujourd’hui de défendre la souveraineté de la France comme il le faisait dans les années 1960, à l’époque où il avait encore un certain poids.

Le discours nationaliste est entièrement aux mains de la droite et consiste en une exaltation d’une identité éternelle et mythique, qu’on a essayé pitoyablement et en vain de “définir” – sans arriver à autre chose qu’à une vague islamophobie. Le PS suit, en ajoutant une dose de “laïcité” et de “droits de l’homme”, ou de la femme, plutôt rhétorique. Tout cela va de pair avec une soumission croissante envers l’étranger — les Etats-Unis, Israël ou la bureaucratie européenne. Mais à la gauche du PS, la « riposte » consiste à insister encore plus sur l’auto-dénigrement. C’est-à-dire que ce qui domine aujourd’hui sont précisément les deux faces du pétainisme : prendre exemple sur l’étranger et dénigrer la spécificité française. Le paradoxe, c’est qu’une bonne partie de la gauche, souvent celle qui se croit la plus « antifasciste », assume le rôle de dénigreur, en refusant de percevoir la nature duale du nationalisme français.

En fait, c’est autour de Mai 68, mouvement dont la nature politique était ambigüe, qu’on est passé d’un nationalisme objectivement progressiste (gaullo-communiste), car accompagné d’avancées sociales et opposé à l’hégémonie américaine, à l’auto-dénigrement réactionnaire ; le changement de paradigme étant symbolisé par deux films : celui qui incarne le mythe résistancialiste, "L’armée des ombres", et celui qui a inauguré la religion de la culpabilité, "Le chagrin et la pitié". Sous Pétain, la France devait se repentir des crimes du front populaire ; aujourd’hui elle doit se repentir des crimes de Pétain (et, pour certains, du colonialisme). Mais aucune politique progressiste ne pourra jamais se fonder sur la culpabilité et la haine de soi.

Les discours de De Gaulle à Moscou ou à Phnom Penh dans les années 1960, ou celui de Villepin à l’ONU en 2003, semblent avoir disparu dans les poubelles de l’histoire. Des pays bien moins puissants que la France, comme le Venezuela, Cuba ou l’Iran, tiennent tête aux Etats-Unis et suscitent, comme la France l’a parfois fait dans le passé, l’admiration des peuples du monde.

Les conséquences de ce changement sont catastrophiques, à la fois à l’étranger et en France. Avant 1968, il aurait été impensable d’envoyer des troupes françaises combattre sous commandement américain, par exemple au Vietnam. Si un personnage politique avait suggéré une telle chose, il aurait été dénoncé comme "valet de l’impérialisme américain" par toute la gauche. Aujourd’hui, personne n’oserait utiliser cette expression "désuète" et "stalinienne" pour parler de Sarkozy. Pourtant, rhétorique mise à part, c’est exactement ce qu’il est.

Sur le plan intérieur, on ordonne aux gens issus de l’immigration d’aimer la France (ou, sous-entendu, de la quitter). Mais comment aimer un pays qui ne s’aime pas lui-même ? Qui se soumet aux puissants et qui méprise les faibles ? Qui combat la burqa et accepte les propos de McChrystal ?

Ce n’est que si la France renoue avec ce qui fit, dans le passé, sa véritable grandeur, la liberté de sa pensée, son idéal égalitariste et l’indépendance de sa politique, qu’elle sera acceptée par tous ses citoyens et redeviendra une source d’inspiration pour le reste du monde. Mais aucune force politique, et malheureusement pas la gauche de la gauche, n’est prête aujourd’hui à contribuer à cette entreprise.

(*) Version originale : http://www.rollingstone.com/politics/news/17390/119236
version française http://www.legrandsoir.info/Le-general-qui-sortait-du-rang-Rolling-Stone.html

 

6 juiullet 2010

URL de cet article 11053
http://www.legrandsoir.info/Quelques-remarques-sur-le-nationalisme-francais.html

 

 

 

Voir aussi :

URL de cet article 16958
http://www.legrandsoir.info/le-nationalisme-a-t-il-un-avenir-international.html

 

Robert Bibeau (2012). Le nationalisme a-t-il un avenir international ? http://www.politicoglobe.com/2012/06/le-nationalisme-a-t-il-... (2) http://etienne.chouard.free.fr/Europe/ (3) http://etienne.chouard.free.fr/Europe/

URL de cet article 17023
http://www.legrandsoir.info/le-nationalisme-a-t-il-un-avenir-international-2e-partie.html
13 septembre 2008 :
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.http://www.politique-actu.com/actualite/patriotisme-internationalisme-georges-gastaud-note-jean-pujo/412182/

Hymne national, nationalisme et internationalisme

Par Hakim Arabdiou



L'attitude d'une frange de la gauche en France, principalement d'extrême gauche, à l'égard de l'un des deux principaux symboles de notre république - La Marseillaise- a pour sous-bassement une conception partiellement erronée du nationalisme, et son corollaire un international étriqué. Je comprends parfaitement la raison de cette défiance : l'expérience historique du nationalisme qui a constitué et continue de constituer en Europe la matrice des idéologies d'extrême droite et du fascisme, et dont s'est servi le capitalisme, comme arme de guerre, contre la classe ouvrière et les forces de progrès, pour justifier ses boucheries dans les guerres interimpérialistes de 1914-1918 et de 1939-1945, et ses entreprises coloniales de rapines. En un mot, l'Europe a connu un nationalisme exclusif, chauvin, raciste, expansionniste et oppresseur.

Or il oublie l'existence d'un autre nationalisme dans les pays anciennement sous domination coloniale. Ce nationalisme est une valeur vénérée par les peuples de ces pays, parce qu'il a été un nationalisme émancipateur. Il a toujours été indépendantiste, et souvent anti-impérialiste. En effet, certains nationalismes se sont limités à mettre fin à l'occupation militaire étrangère, puis à s'insérer dans la division capitaliste internationale du travail et à se ranger dans le giron impérialiste. Ce courant a été représenté par Habib Bourguiba de Tunisie, Léopold Sédar Senghor du Sénégal, le roi Hassan II du Maroc, Houphouët de Côte-D'Ivoire).

D'autres nationalismes ont voulu aller plus loin et parachever leur indépendance militaire et politique, par une indépendance économique, en essayant de sortir des liens de dépendance du système capitaliste international. Ils s'étaient sur le plan politique rangés, peu ou prou, dans le camp mondial qui comptait alors le mouvement de libération national des colonies, ex-colonies et semi-colonies, les principales forces de gauche et démocratiques dans les pays capitalistes et le système socialisme mondial. Ce fut le cas du Vietnam, de l'Egypte, de l'Algérie, de l'Irak, etc. Cependant, le rôle historique commun et majeur de ces deux nationalismes, au regard de l'histoire contemporaine, a été qu'ils avaient fait accomplir à leurs peuples et au monde un grand bond en avant dans l'accomplissement d'une des valeurs universelles essentielles : Aucun peuple ne doit être astreint à la servitude. Prenons l'exemple de la France durant la Seconde Guerre mondiale. Les forces de droite avaient mené le combat national, patriotique, contre l'occupation allemande, une base nationaliste. C'est-à-dire qu'ils s'étaient limités à la libération de leur propre pays du joug étranger et en même temps à la préservation de leur empire colonial. Ce sont les mêmes, de Gaulle en tête, qui combattirent ensuite les résistants des ex-colonies, aussi impitoyablement que les nazis et les hitlériens parlant français[1] les avaient combattus, afin de maintenir les autres peuples sous leurs bottes. A l'opposé, les communistes et les autres forces progressistes avaient mené ce même combat national, patriotique, mais sur une base internationaliste, c'est-à-dire qu'ils reconnaissaient ce même droit à la liberté aux autres peuples.

Dans les ex-colonies et semi-colonies, les communistes avaient bien sûr participé aux mouvements indépendantistes de leur pays, que ce soit en alliance et sous direction des nationalistes, comme en Algérie, soit en étant à la tête de cette guerre de libération nationale, comme au Vietnam. Nous proclamions pourtant que : « Nous ne sommes pas des nationalistes, mais des internationalistes. » Cette proclamation n'est pas une défiance à ce nationalisme. Nous voulons et le voulons toujours une émancipation plus grande ; une émancipation qui fera succéder à la fin de l'oppression nationale, la fin de l'oppression et de l'exploitation sociale ou de classe. En d'autres termes, nous n' opposons pas artificiellement ce nationalisme à notre internationalisme.

Cette position nous avait valu beaucoup d'animosité d?abord de la part des nationalistes de droite, et parfois de gauche (ces derniers aussi bien par incompréhension que par souci d'hégémonisme), pour nous présenter comme des antinationaux, accusation mortelle chez des peuples encore meurtris par le système inhumain, qu'ils avaient subis : le colonialisme. Et ensuite, de la part de notre opinion publique, qui confond nationalisme, synonyme de cette chose sacrée, appelée indépendance, et patriotisme.

Car nous sommes d'ardents patriotes. Notre patriotisme n'a d'égal que notre internationalisme. Notre amour de la patrie trouve son prolongement naturel dans notre solidarité indéfectible avec les luttes des peuples pour leurs émancipations nationales et sociales. Cette patrie s'appelle -provisoirement- Algérie, France, Guinée, Russie, Congo, Vietnam, Cuba, Suède, Israël, Palestine, etc. Provisoire, car nous sommes pour une seule et unique patrie : la Terre.

Nous sommes par conséquent pour le démantèlement des frontières étatiques. C'est objectivement un immense progrès, qui nous rapprochera d'autant d'un monde meilleur, auquel nous sommes nombreux à aspirer. Mais nous refusons que ce démantèlement se déroule sous la houlette et au service sociétés transnationales. Il doit au contraire s'effectuer au fur et à mesure que les travailleurs et les forces de progrès reprennent confiance en eux-mêmes, qu'ils rassemblent leurs forces, aujourd'hui divisées et désemparées, pour passer à la contre-offensive, et au rythme correspondant aux rapports de forces qu'ils établiront en leur faveur, face au grand capital.

L'une des caractéristiques principales qui définit à mes yeux les gauchistes, c'est leur incapacité à articuler l'universel et le particulier, et à comprendre par conséquent que le second n'est que la forme que prend le premier. Autrement dit, un véritable internationalisme prolétarien ne peut s'appuyer que sur un nationalisme conséquent, ouvert sur les autres peuples et les autres nations.

[1] Expression empruntée à Alain Guérin dans sa Chronique de la résistance, éd. France Loisirs, (1972-1976) 2000.

Article publié Vendredi 20 avril 2007 sur Respublica

 

 

Impérialisme humanitaire. Droits de l’homme, droit d’ingérence, droit du plus fort ? par Jean Bricmont.

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Jean Bricmont

Jean Bricmont est professeur de physique théorique à l’Université de Louvain (Belgique). Il a notamment publié « Impostures intellectuelles », avec Alan Sokal, (Odile Jacob, 1997 / LGF, 1999) et « À l’ombre des Lumières », avec Régis Debray, (Odile Jacob, 2003). Présentation de l’ouvrage Une des caractéristiques du discours politique, de la droite à la gauche, est qu’il est aujourd’hui entièrement dominé par ce qu’on pourrait appeler l’impératif d’ingérence. Nous sommes constamment appelés à défendre les (...) Lire la suite »
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Les communistes, la nation et l’internationalisme
Jean Lévy

mardi 1er février 2011, par Comité Valmy

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Dans le débat permanent, qui se poursuit au sein du mouvement ouvrier, le lien ou l’opposition entre les concepts de nation et d’internationalisme, sont récurrents. Il y a un siècle, Jean Jaurès, dans une formule fameuse en établit les rapports étroits. Depuis lors la polémique n’a pas cessé.


Pour nombre de camarades, évoquer « la nation », déployer le drapeau tricolore, c’est sombrer dans l’idéologie bourgeoise, c’est trahir la notion de classe, c’est se placer dans le camp de l’ennemi. Or, quand il s’agit d’assumer la solidarité avec des peuples en lutte pour leur indépendance, ces mêmes camarades défendent bec et ongles le droit de ces peuples à combattre pour leur « libération nationale » et brandissent hardiment leur drapeau, qu’il ait été vietnamien, cubain, ou algérien, hier, ou palestinien aujourd’hui.


Seul, le drapeau français fait exception…


Or, l’indépendance de notre pays n’est-elle pas aliénée de par son intégration forcée dans l’Union européenne ? Les hommes liges de celle-ci se font gloire d’avoir limité la souveraineté de la France et multiplient leurs efforts pour poursuivre plus avant dans cette voie. Leur horizon, c’est l’abandon complète de l’indépendance nationale de chacun des Etats qui composent l’UE, au profit du grand capital européen. Celui-ci a pour perspective la suppression pure et simple des lois et dispositions nationales, acquises par la lutte de chaque peuple. Elles protégent encore trop les travailleurs aux yeux des oligarchies financières et des politiciens à leur service. Les législations sociales sont autant d’obstacles à supprimer, telles les frontières des Etats au sein de l’Europe.


Dans la mesure où cette analyse est partagée, chacun devrait en tirer la conclusion que la reconquête des droits sociaux, et mieux encore la lutte pour une autre société, vont de pair avec le combat pour recouvrer la pleine souveraineté de chaque nation.


Si Cuba, le Venezuela, la Bolivie, peuvent suivre aujourd’hui une voie de développement propre aux intérêts de chacun de leur peuple, c’est que ceux-ci ont rompu les liens d’aliénation avec l’impérialisme US, c’est qu’ils ont d’abord reconquis leur souveraineté.

Pour eux comme pour nous, la libération sociale est inséparable de la libération nationale.


Jean LEVY


Faut-il rappeler, à ce sujet, ce que notait Georges Dimitrov, dans son journal, le 12 mai 1941, un mois avant l’agression nazie contre l’Union soviétique, donc propos non de circonstance :


Georges_Dimitrov.bmp « Il faut développer l’idée d’un mariage entre un nationalisme sain et bien compris et l’internationalisme prolétarien. Celui-ci doit reposer sur ce nationalisme dans les divers pays (…) entre le nationalisme bien compris et l’internationalisme prolétarien, il n’y a pas et ne peut y avoir de contradiction. Le cosmopolitisme sans patrie, refusant tout sentiment national et l’idée de patrie, n’a rien à voir avec l’internationalisme prolétarien ».

Domenico Losurdo : « Staline, histoire et critique d’une légende noire » (page 34)

Editions aden

 

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article1128

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commentaires

Florian 16/12/2012 03:24

Salutation voisin belge,
Nationalistes unissez-vous en rang !

Voici le second entretien sur l'actualité politico-médiatique du 8 décembre 2012 entre les nationalistes Philippe Ploncard d'Assac et Florian Rouanet :
http://ploncard-dassac.over-blog.fr/article-entretien-sur-l-actualite-n-2-avec-florian-rouanet-113424829.html

http://ploncard-dassac.over-blog.fr/article-annonce-105634577.html