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11 novembre 2012 7 11 /11 /novembre /2012 00:59

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Palestine-enfants-1-groupe.jpg

 

Quand entendra-t-on le cri des Palestiniens

qui souffrent encore et toujours, 

interminablement,

dans l'indifférence monstrueuse

de "la Communauté internationale"

- c'est-à-dire des Occidentaux ?

Ou ferons nous nôtre

le NEGATIONNISME intolérable d'ISRAEL :

"Un peuple sans terre pour une terre SANS PEUPLE" ?

Alors, ce serait un crime contre la vérité...

un crime contre l'humanité !


Chantal Dupille

 

Les crimes d'Israël contre l'humanité

Lisa Guliani
Sott.net
dim., 21 oct. 2012 06:34 CDT

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Traduction : SOTT 

http://fr.sott.net/image/image/s5/118307/medium/world_without_zionism.jpg 

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Avant de partir travailler ce matin, j'ai publié un article sur ma page Facebook à propos de l'Estelle, un bateau d'aide humanitaire en route pour Gaza qui a été encerclé et arrêté par l'armée israélienne, alors qu'il était si proche de sa destination finale.

Dans l'article, un haut responsable du ministère israélien de la Défense faisait le commentaire suivant :

Il a dénoncé les militants comme étant des « provocateurs motivés par la haine d'Israël » et écarté qu'il y ait une « crise humanitaire à Gaza »...

Nous sommes constamment soumis à un langage similaire de la part des dirigeants politiques israéliens quant à ceux qui « haïssent » Israël. Selon les porte-parole du syndicat du crime « gouvernement » israélien, si nous devions réellement croire ce qu'ils nous disent, alors nous croirions que le monde entier « déteste » Israël. La machine de propagande israélienne a toujours dit exactement la même chose - qu'un tel ou un tel les « hait » - tout au long de ma vie jusqu'à ce jour - et depuis bien plus longtemps que ma naissance.

Ce matin, je pensais à l'Estelle en allant au travail. Je pensais au navire d'aide, le Mavi Marmara, attaqué par les forces israéliennes en 2010, où plusieurs militants furent tués et d'autres blessés. Je pensais à la population de Gaza qui attendait avec espoir l'arrivée de l''Estelle aujourd'hui, juste pour voir cet espoir s'envoler une fois de plus. Je pensais à l'équipage de l'Estelle, capturé en mer et qualifié de « menace envers Israël », et j'imaginais ce qu'il devait ressentir là maintenant.

Je pensais au siège de Gaza et à ce qu'a subi le peuple palestinien ces dernières décennies, et d'autres pensées me sont aussi venues à l'esprit à propos de ce monde dans lequel nous vivons et des habitants de cette planète - et je me suis demandé POURQUOI le monde permet que cela continue. POURQUOI les différents gouvernements du monde permettent-ils que cela perdure ? POURQUOI toutes les forces ne s'unissent-elles pas pour briser ce blocus une bonne fois pour toutes ? QUAND tout cela se terminera-t-il ? Je pensais aussi au gouvernement qui est censé être le mien, le gouvernement américain, et comment il permet au gouvernement israélien de perpétrer des crimes contre l'humanité avec l'argent des contribuables américains - et dans mon cœur, je sais que je ne respecterai jamais ni l'un ni l'autre de  ces syndicats du crime qui se font passer pour des gouvernements.

Hier, un autre américain m'a rappelé que je suis censée « respecter le drapeau de mon pays ». Je ne reconnais plus ce drapeau comme légitime ni n'appelle plus ce pays le mien. Je ne reconnais même plus « mon pays ». Cela devient quelque chose de monstrueux, qui me devient étranger, peu à peu, au fil du temps. « Mon gouvernement » commet des massacres en toute impunité et aide le gouvernement israélien à faire de même, et ce sont les travailleurs américains qui paient la note. Si l'Américain moyen qui vote devait aussi nettoyer tout le sang versé par les mains de ces deux « gouvernements », je me demande combien de personnes nous verrions affluer vers les urnes pour voter dans cette caricature d'élection.

Nous entendons le même discours en boucle, encore et encore, ces jérémiades sionistes sur la façon dont le monde « hait » Israël et dont Israël a besoin de se « protéger » lui-même. Nous l'entendons tout le temps et nous l'avons écouté pendant des décennies. Encore et encore et encore. Tout comme la guerre perpétuelle, avec ses tueries aveugles et ses publicités, la propagande aussi semble ne jamais finir.

Je suppose que le gouvernement israélien voudrait que le monde ignore ses crimes contre l'humanité. Il préfère que le monde prétende que des vies humaines ne sont pas éliminées par des frappes aériennes, des chars, des bulldozers, des bottes et des balles. Les dirigeants israéliens préféreraient que nous ne regardions pas les photos d'enfants palestiniens avec des trous de balle dans la poitrine et la tête renversée, ensevelis sous les décombres. Ils aimeraient que l'on fasse abstraction de l'énorme quantité de photos de corps mutilés, de restes brûlés et carbonisés, d'estropiés, d'aveugles, de morts palestiniens. Des personnes âgées. Des enfants. Des nourrissons. Des hommes et des femmes jeunes et vieux, déchiquetés et mis en pièces, gazés aux bombes lacrymogènes, intimidés, battus et pourchassés dans les rues. L'Armée de Défense d'Israël pourchasse les Palestiniens pendant que le monde regarde. C'est la version psychopathe de la télé-réalité.

Le gouvernement israélien (comme le nôtre) voudrait que nous nous blindions et que nous nous endurcissions le cœur lorsque nous regardons des séquences vidéo de maisons démolies, et nous devrions fermer les yeux sur les injures des colons israéliens envers les Palestiniens et sur le vandalisme, les incendies criminels et les violations sur violations des droits à la propriété légitimes des Palestiniens. On attend de nous que nous ne remarquions pas les images de violence gratuite, de passages à tabac et d'humiliations publiques, les photos d'enfants malmenés par des soldats bien armés, la tête claquée sur le sol et les femmes attaquées par des groupes de colons israéliens sous les yeux des soldats israéliens, qui restent là à regarder et ne font rien pour arrêter la violence contre les Palestiniens. Les lamentations des veuves et les milliers d'enfants orphelins laissés derrière qui tentent de grandir dans ce champ de bataille n'étaient pas censés parvenir aux oreilles du monde, mais c'est le cas.

Nous ne sommes pas censés continuer à voir que jeunes et vieux sont des proies faciles dans ces attaques incessantes. Nous ne sommes pas censés nous soucier des Palestiniens ou de ce qui leur arrive. Nous sommes censés nous préoccuper uniquement d'Israël. Parce que, apparemment, nous sommes aussi censés croire qu'Israël est tout ce qui compte, et tant pis pour le reste d'entre nous sur cette fichue planète.

Les gouvernements israélien et américain et la machine à manipuler médiatique sioniste veulent que le monde ne pense pas, et ne ressente rien de tout ce qui précède hormis l'acceptation. Peu importe ce que font Israël et le gouvernement américain, le monde est juste censé fermer les yeux, se boucher les oreilles, garder le silence et... se détourner du bruit.

Circulez, il n'y a rien à voir.

Pour ceux d'entre nous qui prêtons attention, nous sommes censés « comprendre » que toutes ces arrestations, ces emprisonnements, ces tortures, cette intimidation, cette restriction de mouvements, ce déni des besoins fondamentaux de l'homme et des droits de l'homme à l'encontre des palestiniens sont « raisonnables » ; nous devons gober la foutaise que ceux qui ont été blessés et marqués à vie le méritaient, et que le nombre grandissant de cadavres palestiniens est « nécessaire, justifié et sans conséquence » - parce que voyez- vous, ce ne sont que des dommages collatéraux - et Israël doit se protéger par n'importe quel moyen qui convient - des « terroristes ». Même si le terroriste présumé a deux ans et ne peut même pas prononcer le mot « terroriste ». Même si le « terroriste » n'est pas un terroriste du tout. Nous sommes tous censés le croire, parce que « les gouvernements », à la fois américain et israélien, veulent et ont besoin que l'on y croit. Les psychopathes ont besoin que nous croyions ce qu'ils disent sans émettre aucun doute et sans poser de question. C'est ce qui leur donne le pouvoir et la force : notre croyance collective aveugle et inconditionnelle.

Les personnes qui naviguent à bord de l'Estelle ne sont pas des terroristes - ce sont des êtres humains normaux qui font tout leur possible pour essayer d'aider un autre groupe de personnes qui sont grandement dans le besoin, pour survivre. Pourquoi ont-ils tenté de briser le blocus ? Parce qu'ils compatissent. Parce que les gouvernements du monde n'ont pas intensifié leurs efforts ni agi pour arrêter le siège d'Israël à Gaza. Parce que les gens ordinaires se sentent obligés de combler ce vide, d'assumer ce rôle, parce que nos gouvernements peuvent agir comme des « Grands Frères » mais il est clair qu'ils nous ont prouvé qu'ils n'étaient pas nos héros.

Les Palestiniens manquent cruellement de cette aide, que le monde remarque et reconnaisse ce qui leur arrive, de leur droit à la liberté, à l'existence, que le monde reconnaisse que c'est notre lutte collective, ils meurent réellement de faim - et ils en témoignent, par la résistance, leurs larmes et leurs sourires, leurs chants et leurs danses, avec des grèves de la faim et des manifestations, déterminés à se faire entendre et à survivre, à survivre malgré ceux qui sont sacrément déterminés à les éradiquer de la planète. Le monde voit cette détermination, cette volonté et cet indéfinissable courage dans les yeux de chaque homme, femme et enfant palestiniens, et nous le voyons dans les mains sales et serrées des petits garçons qui jettent des pierres sur les féroces chars d'assaut de l'armée israélienne.

Malgré toute la propagande d'inspiration sioniste et les incessantes manipulation et omission de faits objectifs (la vérité) de la part des médias grand public, la machine sioniste a (an majeure partie) échoué à convaincre l'être humain moyen qu'il existe dans ce monde un quelconque « droit » à commettre génocide et nettoyage ethnique. Ils peuvent appeler cela comme ils veulent, ils peuvent agir comme s'ils ne se souciaient pas de ce que nous voyons, pensons ou savons, ils peuvent continuer à prétendre que le monde ne voit pas ce que le monde voit : une campagne continuelle de violence, d'agression et d'expansionnisme afin de déshumaniser et de nier le peuple palestinien, de la part de l'occupant militaire de la Palestine, qui s'appelle « Israël » et son allié stratégique, le gouvernement des États-Unis - qui sont tous deux des syndicats du crime.

Est-ce cela que le monde est censé aimer ? Cette capacité à marquer de sang-froid la population au fer rouge, à tracer une ligne de démarcation entre les peuples par la ségrégation et l'apartheid, la déshumanisation, l'exercice implacable de la destruction ? Sommes-nous censés aimer que soient infligés d'énormes traumatismes psychologiques et émotionnels et d'impitoyables dommages physiques à l'encontre de personnes innocentes, et que des cicatrices profondes et permanentes soient gravées chez vos victimes ? Le monde est-il censé « aimer » ce « talent » psychopathique pour perpétrer des massacres que les États-Unis et les forces israéliennes exposent pour que le monde les voit ?

Alors que je marchais pour me rendre au travail, une question surgit dans ma tête - une question pour le gouvernement israélien, pour les forces de défense israéliennes, et pour les maîtres es manipulation sionistes.

Que faites-vous exactement dans ce monde, pour ce monde, que le monde peut aimer?

Je veux savoir.

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Lisa Guliani


Lisa Guliani, ancienne animatrice de talk-shows politiques sur Internet, écrivain politique, chercheuse, activiste, objectrice de conscience, « manifestante connue », se décrit elle-même comme une provocatrice de pensées. Quand elle ne s'adonne pas à quelque étrange combinaison de ce qui précède, elle distribue des sourires aux personnes âgées, et aime aussi la lecture, la musique, les blagues, et sortir avec son pote à quatre pattes, Goose, qui doit encore réaliser qu'il est un chien. Ses rubriques favorites de SOTT? Ce sont trois ex-æquo : Histoire secrète, Maîtres du Monde et Enfants de la Société.

http://fr.sott.net/article/11045-Les-crimes-d-Israel-contre-l-humanite

 

Palestine-enfants-1-groupe.jpg

 

Quand entendra-t-on le cri des Palestiniens


qui souffrent encore et toujours, 


interminablement,


dans l'indifférence monstrueuse

de "la Communauté internationale"

- c'est-à-dire des Occidentaux ?


Ou ferons nous nôtre

le NEGATIONNISME intolérable d'ISRAEL :

"Un peuple sans terre pour une terre SANS PEUPLE" ?

Alors, ce serait un crime contre la vérité...

un crime contre l'humanité !


Chantal Dupille

 

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Noam Chomsky de retour de Gaza

 

L’écrivain américain qui était en visite à Gaza du 25 au 30 octobre dernier décrit ses impressions et analyse la situation.

 

"Impressions de Gaza

http://www.europalestine.com/local/cache-vignettes/L275xH183/chomsky_a_Gaza-acf39.jpgMême une seule nuit en prison suffit à donner une idée de ce que veut dire le fait de se trouver sous le contrôle absolu de la même force extérieure. Et il faut à peine plus d’une journée à Gaza pour commencer à apprécier ce à quoi doit ressembler tenter de survivre dans la plus grande prison en plein air du monde, où un million et demi de personnes, dans la région la plus densément peuplée du monde, sont constamment soumises à la terreur générale, souvent sauvage et aux châtiments arbitraires qui n’ont souvent pour but que d’humilier et avilir, ainsi que de faire en sorte que les espoirs palestiniens d’un avenir décent soient anéantis et que soit réduit à zéro le soutien mondial majoritairement favorable à un arrangement diplomatique censé accorder ces droits.

L’intensité de cet engagement de la part des dirigeants politiques israéliens a été dramatiquement illustrée ces quelques derniers jours encore, quand ils ont prévenus qu’ils allaient « devenir fous » si l’ONU reconnaissait les droits des Palestiniens, ne serait-ce que de façon limitée. On est loin d’un nouveau départ. La menace de « devenir fous » (« nishtagea ») est profondément enracinée, elle remonte même aux gouvernements travaillistes des années 1950, ainsi que le fameux « complexe de Samson » qui s’y rattache : nous abattrons les murailles du Temple si on les franchit. C’était une menace vaine à l’époque. Ce ne l’est plus aujourd’hui.

L’humiliation intentionnelle n’est pas nouvelle non plus, bien qu’elle adopte continuellement de nouvelles formes. Il y a trente ans, les dirigeants politiques, y compris certains des faucons les plus notoires, avaient soumis au Premier ministre Begin un compte rendu choquant et détaillé sur la façon dont, régulièrement, les colons recourent à la violence contre les Palestiniens et ce, de la façon la plus vile et en toute impunité. L’éminent commentateur militaro-politique Yoram Peri avait écrit avec dégoût que la tâche de l’armée ne consistait pas à défendre l’État, mais « à détruire les droits de personnes innocentes tout simplement parce qu’elles étaient des Araboushim (« bicots », « métèques ») vivant dans les territoires que Dieu nous avait promis ».

Les Gazaouis ont été choisis pour recevoir un châtiment particulièrement cruel. C’est presque un miracle que des gens puissent supporter ce genre d’existence. La façon dont ils y arrivent a été décrite il y a trente ans dans un mémoire éloquent rédigé par Raja Shehadeh (The Third Way – La troisième voie) et s’appuyant sur son travail d’avocat engagé dans la tâche désespérée de tenter de protéger les droits élémentaires au sein d’un système juridique destiné à assurer l’échec de cette même tâche, ainsi que sur son expérience personnelle en tant que samid, (une personne inébranlable), qui voit sa maison transformée en prison par des occupants brutaux et qui ne peut rien faire d’autre que de « subir », d’une façon ou d’une autre.

Depuis ce témoignage de Shehadeh, la situation a grandement empiré. Les accords d’Oslo, célébrés avec beaucoup de faste en 1993, ont déterminé que Gaza et la Cisjordanie étaient une seule et même entité territoriale. À l’époque, les États-Unis et Israël avaient déjà lancé leur programme visant à les séparer complètement l’une de l’autre, de façon à bloquer tout arrangement diplomatique et à punir les Araboushim des deux territoires.

Le châtiment infligé aux Gazaouis fut encore plus sévère en janvier 2006, quand ils commirent un crime majeur : ils votèrent « de la mauvaise manière » lors des premières élections libres du monde arabe, choisissant le Hamas. Démontrant leur « désir passionné de démocratie », les États-Unis et Israël, soutenus par la timide Union européenne, imposèrent aussitôt à Gaza un siège brutal, accompagné d’attaques militaires intenses. Les États-Unis aussi recouraient tout de suite à un processus d’opération standardisé quand l’une ou l’autre population désobéissante optait pour le mauvais gouvernement : ils préparaient un coup d’État militaire afin de rétablir l’ordre.

Les Gazaouis commirent un crime encore bien pire un an plus tard en contrant la tentative de coup d’État, ce qui aboutit à une intensification rapide du siège et des attaques militaires. Celles-ci culminèrent au cours de l’hiver 2008-2009, avec l’Opération Plomb durci, l’une des utilisations les plus lâches et violentes de la force militaire de l’histoire récente, quand une population civile sans défense, piégée sans aucune possibilité de sortie, fut soumise à une agression sans pitié par l’un des systèmes militaires les plus perfectionnés au monde se servant d’un armement américain et protégé par la diplomatie américaine. Un compte rendu inoubliable de cette boucherie – un « infanticide », pour reprendre leurs termes – fut rédigé par deux courageux médecins norvégiens qui travaillaient dans le principal hôpital de Gaza durant cette impitoyable agression, Mads Gilbert et Erik Fosse, dans leur remarquable ouvrage intitulé Eyes in Gaza (Des yeux à Gaza).

Le président élu Obama fut incapable de proférer le moindre mot, hormis le fait qu’il réitéra sa cordiale sympathie pour les enfants soumis à cette agression – et ce, dans la ville israélienne de Sderot. L’attaque soigneusement planifiée fut mené à bien juste avant son entrée en fonction, de sorte qu’il put dire que, désormais, il était temps de regarder vers l’avant, et non vers l’arrière, ce qui constitue l’échappatoire classique des criminels.

Bien sûr, il y eut des prétextes – il y en a toujours. Le prétexte habituel, ressassé à l’envi chaque fois que le besoin s’en fait sentir, est la « sécurité ». Dans ce cas, il s’agissait des roquettes artisanales lancées à partir de Gaza. Comme c’est habituellement le cas, le prétexte était dénué de la moindre crédibilité. En 2008, une trêve était instaurée entre Israël et le Hamas. Le gouvernement israélien reconnaît officiellement que le Hamas l’observa rigoureusement. Pas une seule roquette du Hamas ne fut tirée jusqu’au moment où Israël viola la trêve, sous couvert des élections américaines du 4 novembre 2008, en envahissant Gaza sous des prétextes ridicules et en tuant une demi-douzaine de membres du Hamas. Les hauts responsables des services de renseignement israéliens conseillèrent leur gouvernement en lui disant que la trêve pouvait être renouvelée en desserrant le blocus criminel et en mettant un terme aux attaques militaires. Mais le gouvernement d’Ehud Olmert, à la réputation de « colombe », rejeta ces choix, préférant tirer parti de son énorme avantage comparatif, sur le plan de la violence, et ce fut l’Opération Plomb durci. Les faits principaux ont été passés en revue une fois de plus par le commentateur de politique étrangère Jerome Slater dans le dernier numéro du journal du MIT (Harvard), International Security.

La méthode de bombardement utilisée lors de Plomb durci fut soigneusement analysée par le défenseur gazaoui des droits de l’homme, Raji Sourani, un homme remarquablement bien informé et internationalement respecté. Il fait remarquer que les bombardements se concentrèrent sur le nord, visant les civils sans défense des zones les plus densément peuplées et sans qu’il y ait eu le moindre prétexte militaire possible. Le but des Israéliens, suggère-t-il, peut avoir été de pousser la population intimidée vers le sud, à proximité de la frontière égyptienne. Mais les Samidin ne bougèrent pas, malgré l’avalanche de terreur américano-israélienne.

Un autre but peut avoir été de les repousser au-delà de cette frontière. Quand on remonte aux débuts de la colonisation sioniste, il était beaucoup question, parmi le vaste ensemble des Juifs, que les Arabes n’avaient aucune raison d’être en Palestine ; ils pourraient être tout aussi heureux ailleurs et devraient s’en aller – « être transférés » avec égards, suggéraient les colombes. Ce n’est certainement pas une inquiétude mineure en Égypte et c’est peut-être une raison pour laquelle l’Égypte n’ouvre pas sa frontière librement aux civils ou aux marchandises dont les Gazaouis ont si désespérément besoin.

Sourani et d’autres bien documentés font remarquer que la discipline des Samidin cache un baril de poudre qui peut exploser à tout moment, de façon inattendue, comme le fit la première Intifada à Gaza, en 1989, après des années d’oppression misérable qui n’avait suscité aucune remarque ou inquiétude.

Pour ne mentionner qu’un des innombrables cas, peu avant le déclenchement de l’Intifada, une jeune Palestinienne, Intissar al-Atar, fut tuée par balle dans la cour d’une école par un habitant d’une colonie juive toute proche. L’homme était l’un des plusieurs milliers de colons israéliens amenés à Gaza en violation des lois internationales et protégés par une énorme présence militaire. Ces colons s’étaient emparés d’une grande partie des terres et de l’eau déjà rare dans la bande de Gaza et ils vivaient « luxueusement dans vingt-deux colonies au beau milieu de 1,4 million de Palestiniens démunis », pour reprendre les termes de la description de l’intellectuel israélien Avi Raz. Le meurtrier de l’écolière, Shimon Yifrah, fut arrêté, puis rapidement relâché sous caution quand le tribunal décida que « le délit n’était pas suffisamment grave » pour justifier la détention. Le juge expliqua Yifrah avait uniquement l’intention d’impressionner la fille en tirant dans sa direction, dans la cour de l’école, et non pas de la tuer, de sorte qu’« il ne s’agit pas d’un cas de criminel devant être puni ou dissuadé d’agir de la sorte et à qui il convient de donner une leçon en l’emprisonnant ». Yifrah reçut sept mois avec sursis et les colons massés dans la salle d’audience se mirent à chanter et à danser. Et l’habituel silence régna de nouveau. Après tout, c’était la routine.

Et c’est ainsi que vont les choses. Quand Yifrah fut relaxé, la presse israélienne rapporta qu’une patrouille de l’armée tira dans la cour d’une école pour enfants de six à douze ans, dans un camp de réfugiés de Cisjordanie, blessant ainsi cinq d’entre eux, avec sans doute l’intention de « les impressionner ». Il n’y eut pas de plainte et l’incident n’attira pas non plus l’attention. Ce n’était qu’un autre épisode parmi tant d’autres dans le programme de « l’analphabétisme en tant que punition », rapporta la presse israélienne, programme comprenant la fermeture d’écoles, le recours à des bombes à gaz, le tabassage d’étudiants à coups de crosse, l’interdiction de passage de l’aide médicale pour les victimes ; et, au-delà des écoles, le règne d’une brutalité pire encore, avec une surenchère de la sauvagerie pendant l’Intifada, et le tout sous les ordres du ministre de la Défense Yitzhak Rabin, une autre colombe très admirée.

Mon impression initiale, après une visite de plusieurs jours, était l’étonnement, non seulement pour cette capacité de continuer à vivre, mais aussi pour l’allant et la vitalité dont faisaient preuve les jeunes, particulièrement à l’université, où je passai une bonne partie de mon temps dans une conférence internationale. Mais, là aussi, on peut détecter des signes de ce que la pression peut devenir trop pénible à supporter. Des rapports révèlent que, parmi les jeunes, il y a une frustration qui couve, une prise de conscience de ce que, sous l’occupation israélienne, l’avenir n’a rien à leur offrir. Il n’y a que ce que des animaux en cage peuvent endurer et il peut y avoir une éruption, susceptible de revêtir des formes vilaines – offrant ainsi une occasion aux apologistes israéliens et occidentaux de condamner hypocritement des gens qui sont culturellement arriérés, comme l’a expliqué Mitt Romney avec toute sa perspicacité.

Gaza a l’aspect d’une société typiquement du tiers monde, avec des poches de prospérité entourée d’une pauvreté affreuse. Elle n’est toutefois pas « sous-développée ». Elle a plutôt été « dé-développée », et de façon très systématique, en plus, pour emprunter la terminologie de Sara Roy, la principale spécialiste universitaire à propos de Gaza. La bande de Gaza aurait pu être une région méditerranéenne prospère, avec une agriculture riche et une industrie florissante de la pêche, des plages merveilleuses et, comme on l’a découvert voici une décennie, des bonnes perspectives concernant les larges réserves de gaz naturel qui se trouvent sous ses eaux territoriales.

Coïncidence ou pas, c’est à ce moment qu’Israël a intensifié son blocus, refoulant les bateaux de pêche vers le littoral, les confinant actuellement à trois nautiques et moins.

Les perspectives favorables avortèrent en 1948, quand la bande de Gaza dut absorber une marée de réfugiés palestiniens fuyant la terreur ou expulsés par la force de ce qui allait devenir Israël et, dans certains cas, expulsés plusieurs mois après le cessez-le-feu officiel.

En fait, on en expulsa encore quatre ans plus tard, comme le rapportait Ha’aretz (25 décembre 2008), dans une étude minutieuse réalisée par Beni Tziper sur l’histoire de la ville israélienne d’Ashkelon remontant jusqu’aux Cananéens. En 1953, rapporte-t-il, « on calcula froidement qu’il était nécessaire de nettoyer la région des Arabes ». Le nom original de la ville, Majdal, avait déjà été « judaïsé » sous sa forme actuelle d’Ashkelon, selon la pratique habituelle.

C’était en 1953, alors qu’il n’y avait pas le moindre signe de nécessité militaire. Tziper lui-même est né en 1953 et, tout en se promenant dans ce qui reste du vieux secteur arabe, il pense : « Il est vraiment difficile pour moi, vraiment, de comprendre qu’alors que mes parents célébraient ma naissance, d’autres personnes étaient entassées sur des camions et chassées de leurs maisons. »

Il y eut les conquêtes israéliennes de 1967 et les coups qu’elles ont continué à asséner par la suite. Puis sont venus les crimes terribles déjà mentionnés et qui n’ont cessé de se poursuivre jusqu’à ce jour.

Il est facile d’en voir les signes, même au cours d’une brève visite. Depuis l’intérieur d’un hôtel à proximité du littoral, on peut entendre les tirs de mitrailleuse des canonnières israéliennes repoussant les pêcheurs des eaux territoriales de Gaza vers le littoral, de sorte qu’ils sont forcés de pêcher dans des eaux lourdement polluées du fait que les Américains et les Israéliens refusent d’autoriser la reconstruction des sites de traitement des déchets et des systèmes de production d’électricité qu’ils ont détruits.

Les accords d’Oslo ont établi les plans de deux sites de désalinisation, une nécessité, dans cette région aride. L’un, une installation de pointe, fut construit… en Israël. Le second est à Khan Yunis, dans le sud de Gaza. L’ingénieur chargé d’essayer d’obtenir de l’eau potable pour la population a expliqué que cette installation avait été conçue de telle façon qu’elle ne pouvait utiliser l’eau de mer, mais qu’elle devait travailler avec l’eau phréatique, un processus moins onéreux, qui continue à dégrader la nappe aquifère déjà réduite, ce qui promet de graves problèmes pour l’avenir. Même avec cette installation, l’eau est sévèrement rationnée. L’Office de secours et de travaux des Nations unies (UNRWA), qui s’occupe des réfugiés (mais pas des autres Gazaouis), a publié récemment un rapport prévenant que les dégâts à la nappe aquifère pourraient très bientôt devenir « irréversibles » et que, si on n’entamait pas d’urgence des actions réparatrices, Gaza pourrait ne plus être un « endroit vivable » en 2020.

Israël autorise l’utilisation du béton dans les projets de l’UNRWA, mais pas pour les Gazaouis engagés dans d’énormes besoins de reconstruction. Les équipements lourds, déjà limités, traînent généralement sur place sans pouvoir être utilisés, puisque Israël n’autorise pas l’entrée de matériaux de réparation. Tout cela fait partie du programme général décrit par le haut fonctionnaire israélien Dov Weisglass, qui fut le conseiller du Premier ministre Ehud Olmert, après que les Palestiniens ne se conformèrent pas aux ordres lors des élections de 2006 : « L’idée », disait Weisglass, « consiste à mettre les Palestiniens au régime, mais pas de les laisser mourir de faim. » Cela aurait fait mauvais genre.

Et ce plan est scrupuleusement suivi. Sara Roy en a fourni des preuves très complètes dans ses savantes études. Récemment, après plusieurs années d’efforts, l’organisation israélienne des droits de l’homme Gisha est parvenue à obtenir un ordre du tribunal enjoignant au gouvernement de libérer ses archives détaillant les plans du fameux « régime » et la façon dont ces plans sont appliqués. Le journaliste Jonathan Cook, qui vit en Israël, les résume comme suit : « Les fonctionnaires de la santé ont fourni des calculs à propos du nombre minimal de calories nécessaires au million et demi d’habitants de Gaza afin d’éviter la malnutrition. Ces chiffres ont alors été traduits en camions de nourriture qu’Israël est censé permettre chaque jour (…). Une moyenne de 67 camions seulement – bien moins que la moitié du minimum requis – sont entrés à Gaza quotidiennement. Ceci comparé aux plus de 400 camions d’avant le début du blocus. » Et même cette estimation est exagérément généreuse, rapports les fonctionnaires de l’ONU chargés de l’aide.

De ce régime forcé, fait remarquer Juan Cole, spécialiste du Moyen-Orient, « il résulte qu’environ dix pour cent des enfants palestiniens de moins de cinq ans ont leur croissance retardée par la malnutrition (…). De plus, l’anémie est très répandue, affectant plus de deux tiers des enfants, 58,6 pour 100 des enfants qui vont à l’école et plus d’un tiers des femmes enceintes. » Les États-Unis et Israël veulent faire en sorte que rien au-delà de la simple survie ne soit possible.

« Il ne faut pas perdre de vue », fait remarquer Raji Sourani, « que l’occupation et l’enfermement absolu constituent une attaque permanente contre la dignité humaine de la population de Gaza en particulier et de tous les Palestiniens en général. C’est une dégradation, une humiliation, un isolement et une fragmentation systématiques du peuple palestinien. » La conclusion est confirmée par bien d’autres sources. Dans l’une des plus éminentes revues médicales de la planète, The Lancet, un médecin de Stanford en visite, horrifié par ce dont il avait été témoin, décrit Gaza comme « une sorte de laboratoire où l’on étudie l’absence de dignité », une situation qui a des effets « dévastateurs » sur le bien-être physique, mental et social. « La surveillance constante à partir du ciel, les punitions collectives via le blocus et l’isolement, l’intrusion dans les maisons et dans les communications et les restrictions imposées aux personnes qui essaient de voyager, cde se marier ou de travailler, font qu’ils est malaisé de mener une existence dans la dignité, à Gaza. » Il convient d’apprendre aux Araboushim à ne pas redresser la tête.

On pouvait espérer que le nouveau gouvernement Morsi, en Égypte, moins servile à l’égard d’Israël que la dictature de Moubarak soutenue par l’Occident, allait ouvrir le passage de Rafah, le seul accès à l’extérieur pour les Gazaouis enfermés qui ne soit pas soumis au contrôle direct d’Israël. Il y a eu une légère ouverture, mais pas plus. La journaliste Laila el-Haddad écrit que la réouverture sous Morsi ‘est tout simplement un retour au statu quo d’il y a plusieurs années : seuls les Palestiniens en possession d’une carte d’identité de Gaza approuvée par les Israéliens peuvent utiliser le passage de Rafah, ce qui exclut un grand nombre de Palestiniens, y compris la propre famille d’el-Haddad, dont un seul des conjoints possède une carte.

En outre, poursuit-elle, « le passage ne mène pas à la Cisjordanie, pas plus qu’il ne permet le passage des marchandises, qui sont limitées aux passages contrôlés par les Israéliens et sont soumis à des interdictions concernant les matériaux de construction et les exportations ». La limitation du passage de Rafah ne modifie en rien le fait que « Gaza reste sous un sévère état de siège, tant maritime qu’aérien et continue à être complètement isolée principales villes culturelles, économiques et universitaires palestiniennes du reste des territoires occupés, et ce, en violation des obligations imposées aux États-Unis et à Israël dans le cadre des accords d’Oslo ».

Les effets en sont douloureusement manifestes. À l’hôpital de Khan Yunis, le directeur, qui est également le chef du département chirurgical, décrit avec colère et passion à quel point même les médicaments font défaut pour soulager les patients qui souffrent, de même que les équipements chirurgicaux, ce qui laisse les médecins désemparés et les patients à l’agonie. Les récits personnels ajoutent un élément particulièrement frappant au dégoût général que l’on ressent face à l’obscénité d’une occupation brutale. Un exemple est le témoignage d’une jeune femme désespérée parce que son père, qui aurait été fier que sa fille eût été la première femme du camp de réfugiés à obtenir une qualification supérieure, « était décédé après six mois de combat contre un cancer, à l’âge de soixante ans. L’occupation israélienne lui avait refusé un permis pour aller se faire soigner dans les hôpitaux israéliens. J’ai dû suspendre mes études, mon travail et mon existence pour rester à son chevet. Nous tous, y compris mon frère médecin et ma sœur pharmacienne, étions impuissants et désespérés de le voir souffrir. Il est mort au cours du blocus inhumain de Gaza, durant l’été 2006, à une époque où l’accès aux services de santé était particulièrement restreint. Je pense que se sentir impuissant et désespéré est le sentiment le plus mortel qu’un être humain puisse avoir. Cela tue l’esprit et cela brise le cœur. On peut lutter contre l’occupation, mais on ne peut lutter contre son sentiment d’impuissance. C’est un sentiment qu’on ne peut même pas éliminer. »

Le dégoût face à une obscénité composée de culpabilité : il est en notre pouvoir de mettre un terme à la souffrance et de permettre aux Samidin de profiter de l’existence de paix et de dignité qu’ils méritent."


Traduction de JM Flémal pour le site : http://www.pourlapalestine.be/index...

http://www.europalestine.com/spip.php?article7790


 

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Published by Chantal Dupille - dans Un monde fou !
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