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30 août 2008 6 30 /08 /août /2008 07:05


Lu, en tombant par hasard sur ce site :

 AH ! CA IRA
(A PROPOS DES PRETENDUS PRIVILEGIES)



Par un retournement sémantique dont seuls les experts en mensonge ont le secret, l’aristocratie médiatico-politico-économique, par la voix d’un de ses sbires, s’est mise à qualifier ceux qui lui résistent, comme les cheminots ou les postiers, de "privilégiés".

"Privilégiés" ? Depuis la Révolution française, ce terme dénonce le droit reconnu par l’Etat (le roi) à l’enrichissement de la classe dirigeante au dépend de la majorité de la population. Les premiers privilégiés étaient les nobles, suivis de près par le clergé (les curés). La noblesse se caractérisait par ses privilèges fiscaux (elle était exemptée de la “taille”, c’est-à-dire l’impôt direct aux profit du trésor royal), politiques (dans la plupart des cas, elle seule avait accès aux assemblées délibérantes provinciles), de carrières (dans l’armée notamment), honorifiques (elle entourait le roi à la Cour, elle avait la préséance sur la "populace") et judiciaires (elle était jugée par un tribunal spécifique : le parlement).

Le "bon peuple", le "Tiers état", c’est-à-dire nos arrières grands-parents, allaient bien souvent nu-pieds et le ventre creux. Ils avaient pour tout privilège celui de financer le train de vie fastueux du roi et de sa noblesse à Versailles, celui non moins fastueux des princes de l’église ainsi que les guerres et expéditions maritimes ruineuses sans oublier tout ce qui devait financer les caprices des reines, des maîtresses et autres catins qui pullulaient à la cour de Sa Majesté...

Aujourd’hui, comme avant 1789, le "privilège" de la plupart d’entre nous, cheminots ou pas, postiers ou pas, c’est de galérer tous les mois pour essayer de nous en sortir. Car, sous prétexte de réduire les "privilèges", le sarkozysme (qui ne supporte pas la liberté et pour qui la fraternité est un mot parfaitement inconnu) s’attaque de plein fouet à l’égalité. Sa cible, c’est avant tout les dépenses sociales (aides au plus pauvres, aux chômeurs, retraités...).

Pour justifier cette politique lamentable et ramasser des voix aux élections, les sarkozystes ont trouvé leur argument : faire appel à l’égoïsme et à la veulerie des classes moyennes en leur expliquant que couper les vivres aux pauvres permettrait de limiter leurs impôts à eux, les cadres, petits commerçants, petits patrons, professions libérales, fonctionnaires moyens, ouvriers supérieurs... eux qui sont supposés se "lever à 6 heures" et travailler "pour les autres". Les classes moyennes ont compris le message. Elles ont bien voté. Maintenant, elles sont Gros Jean comme devant. Car, si baisse massive des impôts il y a eu, cela n’a pas été pour elles (et encore moins pour les petits salariés, dont beaucoup, effectivement, se lèvent à 6 heures du matin ou plus tôt !). Comme quoi, l’égoïsme et la veulerie, ça rapporte pas forcément ! Seule une poignée d’individus a profité de la réforme des impôts : Parmi les 1000 contribuables qui ont déclaré les revenus les plus élevés de France pour 2006, "116 ... ont réduit leur impôt ... de près de 93 %. Chacun a obtenu une réduction d’impôt de plus d’un million d’euros. Parmi les 10 000 contribuables les plus riches en termes de revenu, 150 n’ont pas payé d’impôt ou ont obtenu une restitution du Trésor public alors que leur revenu fiscal de référence était en moyenne de l’ordre d’un million d’euros. Et parmi les 100 contribuables les plus riches en termes de revenu, plusieurs se sont vu rembourser, en moyenne, 230 euros alors que leur revenu fiscal de référence dépassait, en moyenne, les 11,9 millions." (Le Monde du 06.06.08).

Sans oublier que 4 658 gros contribuables français se sont domiciliés dans l’année dans des paradis fiscaux, emportant avec eux les 18 millions d’euros qu’ils auraient dû acquitter aux impots (Sud-Radio mai 08).

Les “menus plaisirs” de l’Elysée

Avec la même arrogance, le pouvoir politique augmente ses propres privilèges. Après une hausse astronomique du salaire du président lui-même, ce sont les "menus plaisirs"*1 de l’Elysée qui explosent : les dépenses y sont passées de 32,38 à 35,1 millions d’euros en un an. Les frais de personnels ont augmenté de 10,9 % (pendant qu’ils sont réduits partout dans la fonction publique), la "dotation" (argent de poche) du chef de l’état a fait une percée de 53 %. Les fastes de l’Elysée n’auront bientôt rien à envier à ceux de Versailles. Et, comme il se doit, notre souverain n’a pas oublié sa petite cour : pendant qu’il s’attaquait à l’indemnisatin du chômage du reste de la population, il a engraissé sans hésiter celle des députés. Nos soi-disant représentants seront désormais couverts sur la base de 5 400 euros bruts de manière dégressive pendant 5 ans au lieu de 6 mois antérieurement.

Enfin, les “potes” patrons, les sieurs du CAC 40, ne se sont pas oubliés non plus. Ils ont vu dans le même temps leurs salaires augmenter de plus de 58 % en moyenne. D’après l’Expansion, "Très exactement, le total des revenus cumulés [des patrons du CAC 40] était de 102 millions en 2006, il passe à 161 millions en 2007." Ainsi Pierre Verluca patron de Vallourec a vu ses revenus augmenter de plus 2 312 % (4 ans de SMIC par jour rien qu’avec ses revenus de PDG !). Gérard Mestrallet, baron-pdg de Suez, lui, est plus modeste puisque son salaire n’a augmenté que de plus de 364 % ! Quant au "pauvre" Martin Bouygues, il a du se contenter d’une augmentation de 69 % de son misé-rable salaire qui était en 2006 de 4,99 millions. Ce sont les plus-values sur les stock-options encaissées en 2007 qui ont permis aux grands patrons d’encaisser des sommes aussi considérables. Avec une augmentation de 351 % par rapport à 2006, les plus-values sur les stock-options ont atteint la somme totale de 66 millions d’euros en 2007. Remarquons que la plupart des dirigeants ont eu la "prudence" de liquider une partie de leurs stocks juste avant la chute des marchés, en août 2007. Comme s’ils étaient au courant par avance...

Tous ces petits messieurs et dames qui grouillent et besouillent dans le marais politico-économico-médiatique tirent leurs monstrueux revenus de notre exploitation et leur immense pouvoir de notre crédulité et notre soumission. Ils se font accorder, des privilèges fiscaux exorbitants. Ils disposent de privilèges politiques essentiels, comme celui de régenter l’accès à l’information et aux médias. Ils ont le privilège des carrières (c’est parmi eux, leurs enfants, parents ou alliés que se recrutent les technocrates de l’ENA et tous ceux qui iront ronger les gruyères de la "république"). A eux aussi les honneurs, les parties de bateau avec Sarko, les voyages officiels, les sunlights. Et pour couronner le tout, leur privilège judiciaire dépasse celui qu’avaient leurs homologues sous l’ancien régime. S’il y avait autrefois un tribunal spécifique pour juger leurs crimes, nos modernes aristocrates , quant à eux, sont carrément au-dessus des lois. Quoi qu’ils fassent (avec, de loin en loin, une exception pour que le bon peuple ne se réveille pas) ces modernes seigneurs ne passent la porte des tribunaux que pour y donner des ordres.

Patrons, politiciens, médiateux constituent la nouvelle classe des privilégiés, aussi nuisible que l’ancienne aristocratie, aussi puante qu’elle, aussi sûre de sa pérennité, aussi stupide que cette noblesse qui, même le 14 juillet 1789, ne pouvait croire possible qu’une révolution puisse renverser une monarchie solidement ancrée dans des siècles d’existence... Et pourtant !

Gracchus B.

1 Les derniers rois de France avaient une administration spéciale pour leurs "menus" plaisirs. Par “menus”, il faut entendre frivoles certainement pas bon marché ! NDLR : Le “ça ira” était un des couplets les plus fameux de la Révolution française (“Ah ! Ça ira, ça ira, les aristocrates à la lanterne, à ça ira, ça ira, ça ira, les aristocrates on les pendra”)

http://www.cntaittoulouse.lautre.net/article.php3?id_article=248&lang=fr


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commentaires

vorgeat 15/09/2012 00:46

Dans le département 38 (Isère) des justiciables contestent le fonctionnement aberrant de la justice. Se regrouper pour agir ?


M. Jean-Philippe Vorgeat a écrit en octobre 2011

JEAN-PHILIPPE OU LES DIFFICULTES D'ÊTRE UN PERE EN FRANCE

Je m'appelle Jean-Philippe. En 1986 j'ai vécu en concubinage avec Marie-Madeleine, de notre union est née Stéphanie en 1990.
Dix ans plus tard en 2000, Marie-Madeleine et moi nous nous sommes séparés à sa demande. Le jugement qui a suivi cette rupture accordait classiquement à la mère une pension alimentaire et à moi,
son père, un droit de visite et d'hébergement d'autant plus aisé que nous habitions dans la même ville (Vienne en Isère).
Déjà les horaires pour mon droit de visite n'étaient pas respectés par Marie-Madeleine et j'attendais souvent devant sa porte son retour pour prendre ma fille ou la ramener les week-ends.
De même Marie-Madeleine a plusieurs fois abusé en décidant unilatéralement de ne pas me confier notre fille estimant que déjà

chantal 10/09/2008 22:28

Bonjour,
tu as tout à fait raison !
Les gens sont endormis . On les pousse vers la religion pour TOUT accepter. On restreint le budget de l'Education... à l'esprit critique.

Bien à toi chantal

topotore 09/09/2008 20:46

Je trouve inquiétant qu'il n'y ait pas encore de commentaire sur ce texte bien documenté et précis. L'égémonie des oligarques fait-elle peur, à cause de leurs armes de dissuasion ? Ou le bon peuple est-il trop préoccupé par sa survie matérielle, endormi par ses maigres petits avantages qu'il tient pour des privilèges ? Que faire ? L'art, la musique, le pamphlet, la rue peuvent-ils s'opposer au rouleau compresseur de la destruction massive ? Il y a bien longtemps que des individus s'immolent sur la place, que des kamicazes terrorisent, en vain.
Nous luttons en fait contre nous-mêmes. Le combat est entre moi et moi !