Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
25 juillet 2008 5 25 /07 /juillet /2008 15:53

                                                 
                                                                                            
Mes potes les Gitans !

J'ai partagé avec eux les plus beaux moments de ma vie ! Fayard voulait éditer mon autobiographie, à 30 ans, car j'avais vécu toutes sortes d'expériences extraordinaires, déjà, si jeune... en Amazonie, avec les Aucas jamais approchés, en mai 68, avec les Gitans ou avec les clochards pour des reportages, et plein d'autres choses comme la rencontre dans son loft privé, très privé, de Mitterand, qui aimait les femmes jeunes, belles, et... écrivain !

A 20 ans, j'ai fait mon baluchon et je suis allée vivre avec eux à Grenade, la ville où les civilisations communient au milieu du jasmin et des fleurs d'orangers... Ils m'ont vite adoptée, j'ai pris des leçons de flamenco avec une jeune fille de 13 ans, et un guitariste de 14 ans, Kiki, qu'on voit sur la photo, et je dansais avec eux pour les touristes :

                         

Oui, j'ai partagé leurs joies et leurs peines quotidiennes ! Leur misère matérielle et leur richesse de coeur ! Avec passion !

Folles nuits embaumées et musicales ! Un mois de tourbillons ! Une fois, cependant, un touriste plus perspicace a dit : "Cette Gitane-là, on dirait une Française" ! Ce fut d'ailleurs le titre de mon premier reportage pour le magazine Noir et Blanc, qui m'a lancée dans le journalisme... L'article ici :


Vrai Gitane..

 


Je suis restée fidèle à mon amour pour ce peuple fier, tendre, passionné, défendant toujours leurs causes comme celle de la reconnaissance du génocide qui les a affectés encore plus que les Juifs (I/3 des Juifs laissèrent leur vie en 40, la moitié des Tsiganes, dans l'indifférence générale et l'oubli !) !

Une des raisons pour lesquelles j'aime ce peuple, c'est qu'il ne demande rien, ne spolie personne, ne fait jamais la guerre... "étranger et voyageur sur la terre", comme moi citoyenne du monde sans appartenance autre que celle de la grande fraternité universelle...

Amis Gitans, je vous rends hommage et j'appelle tous ceux qui liront ce blog à vous découvrir sans préjugés : Alors oui, ils seront accueillis dans n'importe quel campement chaleureusement, en musique... C'est cela, aussi, la magie du Gitan !

Peuple libre, joyeux et vivant, peuple fabuleux, je t'aime !


                                    

Je danse la Rumba Gitane avec eux, comme leur artiste préférée, pieds nus et crinière au vent, c'est pourquoi ils m'avaient baptisée "la Chunga" !

Tags : Gitans, Tsiganes, Grenade, flamenco, génocide, Juif, communion des civilisations, la Chunga....

A lire :
Le racisme européen anti-Roms existe-t-il ?

 


Les Tsiganes toujours persécutés :



Le maire de Bormes-les-Mimosas a adressé une missive virulente contre les gens du voyage aux élus du Var.

Camp tzigane (Kygp/Flickr).

Alors que les communes françaises sont tenues d’accueillir les gens du voyage, Albert Vatinet, maire de Bormes-les-Mimosas (Var), ville habituée à accueillir le Président et sa suite en vacances au Fort de Brégançon, a pris sa plume pour inciter ses collègues à ne pas laisser les gens du voyage s’installer dans leurs municipalités. Il donne même des conseils pour éviter tout « envahissement ».

Problème: c’est illégal. Bormes-les-Mimosas compte près de 6 300 habitants. Or, la loi du 05 juillet 2000 relative à l’accueil et à l’habitat des gens du voyage oblige les communes de plus de 5000 habitants à « mettre à disposition des gens du voyage une ou plusieurs aires d’accueil aménagées et entretenues ».

Dans une lettre datée du 4 juillet, Albert Vatinet (divers droite) se plaint de « l’envahissement » de sa commune par des gens du voyage qu’il ne nomme pas comme tels:

« Environ 450 personnes vivent désormais, en toute illégalité, à proximité de nos paisibles concitoyens. Combien durera leur séjour? Seule la volonté de ces citoyens hors-loi le décidera. »

Pour se débarrasser des intrus, le maire donne des astuces:

« Protégez tous vos terrains, privés ou communaux, labourez-les, rendez-les inaccessibles, ne comptez que sur votre équipe municipale, vos services et vous-même pour sécuriser vos concitoyens. »

Dans tous les départements, le préfet et le président du Conseil général, en concertation avec les élus municipaux, élaborent un schéma départemental d’accueil des gens du voyage pour prévoir les aires de stationnement à réaliser.

Jacques Laisné, préfet du Var, est cité à la fin de la lettre. Le maire de Bormes-les-Mimosas revendique son soutien. Contacté par Rue89, le préfet a opposé un démenti formel et s’est déclaré « du côté de la loi ».

La population locale est hostile et les faits divers se multiplient

Dans cette région, la situation des gens du voyage est extrêmement précaire. Les caravanes s’installent sur des terrains qui ne sont pas prévus à cet effet et cristallisent ainsi l’hostilité de la population et des autorités.

A Marseille, au mois de juin, Rue89-Marseille revenait sur le passage à tabac de trois Roms suite à une rumeur propagée par SMS: un texto annonçait la disparition d’enfants dans le but d’alimenter un trafic d’organes, soi-disant organisé par la communauté Rom de la ville.

Autre exemple, la ville d’Aix-en-Provence a profité de la torpeur du mois de juillet pour demander l’expulsion d’une cinquantaine de personnes, dont une trentaine d’enfants, qui occupent un terrain communal sur le plateau du Réaltor, à proximité de la gare TGV d’Aix-en-Provence (située à un quart d’heure du cv d’Aix).

D’autres événements, plus dramatiques, sont survenus ces dernières semaines. En mai, à Draguignan, un gendarme a abattu un jeune Tzigane de 27 ans qui avait sauté par une fenêtre pour tenter de se soustraire à sa garde à vue. Vendredi 25 juillet, deux hommes ont été tués lors d’une fusillade dans le camp de la Ripelle, au Revest-les-Eaux, près de Toulon, où vivent deux cents personnes sédentarisées. Les coups sont partis après une querelle de voisinage. Les habitants ont alors reproché aux autorités de laisser pourrir la situation.

« Une cabale des maires du département contre les Tziganes »

Alain Fourest de l’association Rencontres Tsiganes, dénonce la mauvaise volonté des élus du Var et fustige la stigmatisation de cette population:

« Les élus sont en situation illégale depuis des années et leurs positions sont inadmissibles. Aucun terrain d’accueil n’a été ouvert dans le département et aucune aire ne va être ouverte avant l’année prochaine. »

Il y a un mois, lors d’une réunion publique de la commission départementale d’accueil des gens du voyage, le militant a constaté le racisme de certains maires:

« Il y a une cabale des maires du département contre les Tziganes. Il y en a un qui dit ne pas vouloir de « ces gens qui cassent tout » et qui leur a proposé de faire du tourisme dans les campings. »

De son côté, Albert Vatinet n’a pas souhaité répondre aux questions de Rue89.

Par Zineb Dryef | Rue89 |

Ecouter le reportage de Clément Giuliano:

Tziganes: un maire donne des leçons d'illégalité à ses pairs

****************************************************************************************

Marseille: au Ruisseau Mirabeau, camp tzigane devenu bidonville

Camp du Ruisseau Mirabeau, à Marseille (Karim Dridi).

C’est mon ami Sofiane Mameri qui m’a fait découvrir le camp de Ruisseau Mirabeau. Je me souviendrais toujours de ma première impression: UN CHOC! Non, je n’étais pas entrain d’halluciner, j’étais malheureusement dans la réalité, non je ne m’étais pas télé-transporté au Brésil, j’étais bien en France à Marseille, aujourd’hui en 2008. Karim Dridi.


« Parce qu’ils appartiennent à ces sociétés qui n’ont pas tenu le journal de leur enfance, on croit tout savoir d’eux. L’histoire des Tziganes est celle d’un peuple qui présente une solide construction culturelle sans être soudé par les caractères habituels d’une nation: langue, religion ou territoire.

« Un peuple qui fut à la fois pourchassé et toléré comme une sorte de calamité naturelle récurrente et familière. » Henriette Asséo, 1994, « Les Tziganes, une destinée européenne » (Découverte Gallimard).

Ruisseau Mirabeau est un lieu dit du quartier de Saint-André, où sont implantés de gros établissements industriels, spécialisés dans le traitement des métaux de récupération. Plusieurs familles de voyageurs (surtout yéniches et manouches, quelques unes gitanes) ont pris l’habitude de stationner au voisinage des ferrailleurs, sur un vaste terrain situé en bordure du chemin du Littoral.

La Seconde Guerre mondiale a mis fin à leur « itinérance », et après maintes tentatives de les chasser, les pouvoirs publics finirent par tolérer leur existence, à une époque où Marseille ne possédait pas de terrain officiel (schéma départemental des aires de stationnement).

« Ces Gitans qui ne veulent pas quitter leur bidonville pour vivre en HLM »

Progressivement, c’est la vie d’un village caravanier de 400 habitants qui s’est organisée. Mais, démunie d’équipements sanitaires et d’électricité, oubliée par la voirie municipale, l’aire est devenue un bidonville de plus en plus inhospitalier. Une seule borne-fontaine fournissait l’eau à 70 familles! En réalité, c’est une sorte de guerre “d’usure“ que se sont livrée les voyageurs et la collectivité locale.

On reconnaissait aux premiers le droit de stationner, mais à condition de les ignorer. La même antienne fut longtemps répétée: « Ces Gitans qui ne veulent pas quitter leur bidonville pour vivre en HLM, qu’ils se débrouillent! »

Camp du Ruisseau Mirabeau, à Marseille (Karim Dridi).

Cependant, tout en développant leur habitat, les voyageurs sont parvenus à s’intégrer au quartier. Ayant échoué à résorber le bidonville et ne pouvant pas installer les voyageurs sur un autre emplacement, la municipalité négocia en octobre 1975 l’acquisition du terrain « Ruisseau Mirabeau », officialisant ainsi sa fonction d’aire de stationnement.

Pour la population de Ruisseau Mirabeau, la culture orale qui perdurait à travers le voyage est en voie de diparition. Dans les années 80, 13% de la population aujourd’hui présente sur Ruisseau Mirabeau était encore itinérante. Les déplacements ne s’effectuent maintenant plus que pour rendre visite à des membres de la famille.

La population de Ruisseau Mirabeau est sédentaire à presque 100%

Le voyage était l’élément structurant de la vie de ces populations. Il revêtait une fonction économique régulatrice au quotidien (référence au chef de clan ou de famille) et ponctuelle en cas de conflit ou de problème de justice (possibilité de fuite).

Désormais, la population de Ruisseau Mirabeau est sédentaire à presque 100%. Elle a, en quelque sorte, rejoint notre société, et représente une partie de la population française, connaissant très peu ou très mal ses droits et devoirs, restant attachée à sa différence, ou à ce qu’il en reste, puisque les générations actuelles n’ont pas connu le voyage.

Camp du Ruisseau Mirabeau, à Marseille (Karim Dridi).

Les problèmes des jeunes n’y sont pas différents de ceux des cités alentours: chômage, vols, délinquance (petite et grande), désarroi, illettrisme et problèmes de santé. L’évolution du mode d’habitation a également déstructuré l’organisation clanique et n’a plus favorisé les regroupements familiaux.

Les jeunes sont confrontés à deux sociétés: la leur et celle des « gadjé » (les non-Tziganes), chacune imposant ses propres règles. Ils sont partagés entre l’envie de partir, leur volonté exprimée de « vivre comme tout le monde » et leur peur de l’inconnu, de l’extérieur, de tout ce qui n’est pas « Ruisseau Mirabeau ».

Une situation économique extrêmement dégradée

Les parents ne transmettent plus un métier aux enfants, qui ne sont pas en mesure d’aller vers l’extérieur pour se former ou travailler (d’où une perte culturelle qui contribue à leur dévalorisation). De surcroît, l’hostilité persistante de la société des gadjés vis-à-vis des Tziganes, réelle ou résultant d’idées reçues, est un facteur non négligeable. L’accueil qui leur est réservé, que ce soit dans la demande d’accès à un logement ou à un emploi n’est pas non plus un facteur incitateur à l’intégration.

Economie et aides sociales: la situation économique des familles est extrêmement dégradée. La principale source de revenus vient des transferts sociaux (RMI, allocations familiales, allocations parents isolés, etc). Seul 7% des actifs ont une activité salarié « classique » et 3% bénéficient de contrats aidés.


Les pratiques souterraines liées à des activités non salariées sont quasi-généralisées. Elles sont exercées également par ceux qui bénéficient du RMI et des diverses allocations. Par ailleurs, le versement de ce RMI n’est pas assorti de contrats d’insertion, tel qu’il est prévu par les textes (en tout 4 contrats signés sur 117 bénéficiaires du RMI).

Les possibilités d’emploi dans des activités sur le site résultant d’initiatives comme la création du Centre Commercial « Grand Littoral », dont ont bénéficié les jeunes des autres cités alentour, ne leur ont pas été offertes: aucune de leurs candidatures n’a même été examinée.

Récup’, brocante et ferraillage ne font plus vivre les familles

Si la survie économique des Tziganes était traditionnellement liée à la récupération des déchets industriels, des rebuts de notre consommation et souvent à leur transport et à leur transformation, et si ces pratiques d’intervention, en fin de chaîne économique, étaient reconnues sans être officielles (elles se sont accommodées d’une semi clandestinité pendant des siècles), on voit sur le site de moins en moins d’activités artisanales et commerciales diversifiées (comme la brocante et la vente sur les marchés). En revanche, il existe maintenant une activité presque uniquement tournée vers le ferraillage.

De plus, l’étau des réglementations se resserre autour des Tziganes, la concurrence des productions industrielles a rendu obsolète leur propre artisanat. Les seules activités restantes (c’est-à-dire les pratiques de récupération de ferraille, de métaux non ferreux et de voitures) et ont pris un caractère souterrain, en s’organisant dans une économie de marché parallèle et délictueux.

L’avenir est pour eux encore plus sombre: on sait dès maintenant qu’une réglementation européenne à venir exigera le retour des voitures et épaves dans leurs usines de fabrication.

Leur absence de qualification, leur ignorance (parfois rejet) des circuits de formation et d’emploi risque de les mener à encore plus de marginalisation. Ils devront donc renoncer à ce secteur d’activité ou s’y incruster définitivement de manière clandestine, voire délinquante.

Farouk.

http://www.marcfievet.com/article-21615627.

Partager cet article

Repost 0
Published by Chantal Dupille - dans S'engager - résister.
commenter cet article

commentaires

jean michel JOFFRES 10/02/2015 07:12

MERCI POUR EUX DU FOND DU COEUR!Merci pour ce peuple beau et libre!

chantal 21/01/2011 13:29


Chère Estelle, merci de ta visite ! Les souffrances des Tsiganes n'ont rien à envier à celles des Juifs, mais les leur ne sont jamais reconnues, réparées, et elles continuent toujours ! Elles
s'aggravent même, depuis peu ! Et pourtant le Tsigane ne revendique rien (peut-être est-ce un problème pour eux ?) , ne fait jamais de guerre... Je suis indignée de voir tout ce qu'ils endurent,
plus que jamais. Ce serait terrible pour l'humanité s'ils perdaient leur spécificité ! Comme le monde serait triste s'il était uniforme ! je t'embrasse, chantal


Estelle 05/08/2008 21:41

Durant une très grande partie de mon enfance j'ai connu la grande pauvreté, l'indifférence des élus de la commune et des riverains. J'y fais référence dans quelques articles de mon blog dont ( Une Dame une Déesse - Rien de très important ) .
Étant d'une nature plutôt optimiste, je me suis persuadée avec le temps, que le bon sens finirai par avoir raison des dysfonctionnements de notre société !
A quoi bon clamer que nous n'avons jamais levé d'armée ! Selon moi cette passivité bien qu'honorable, nous a desservi.
Nous sommes sans doute le peuple dont les besoins réels sont les moins contraignant de notre pays !
Et pour ce si peu, qui marque cette grande et magnifique différence, les pouvoirs politiques n'hésite pas à cogner pour anéantir une identité déjà si fragilisée.
Si malgré toutes les persécutions subi dans leur déplacement, les Rroms sont toujours debout, combien de temps tiendrons-t-ils encore, avant que la pression qui s’abat sur eux n’en fasse de vrai errant ?